Reviens Léon(1) et parle-nous du bon vieux temps, commente tes photographies(2) prises durant les Trente Glorieuses ou la révolution invisible (Jean Fourastié), période prospère dopée à l’optimisme technologique qui nous menait vers une société de consommation et de loisirs.
A cette époque l’automobile se démocratise et les boutiques traditionnelles aux devantures colorées et aux vitrines alléchantes n’ont pas encore mis la clé sous la porte, concurrencées plus tard par les grandes surfaces. Le dimanche 3 février 1957, à la cathédrale de Cahors, le prêcheur parle rugby et Maurice Faure est au stade Lucien Desprat, oubliant pendant quelques heures les préparatifs de la signature du Traité de Rome. Les gars en chocolat portent des shorts et les quilles à la vanille des jupes plissées. J'ai dix ans ! (Alain Souchon – Laurent Voulzy)
Je ne ressens pas de nostalgie pour ce passé, je n’ai pas du vague à l’âme, mais revoir ces anciennes photographies dans un aujourd’hui oppressif, c’est tellement reposant !
C’est comme respirer les parfums d’une oasis après une randonnée dans le désert ou commander une boisson fraîche à la terrasse d’un café, épuisé par la longue visite d’une ville pittoresque.
C’est un slow après une douzaine de danses endiablées, c’est la douceur du printemps après les rigueurs de l’hiver, c’est une augmentation de salaire après quinze jours de grève !
Merci Léon pour ces poses, cette pause dans le temps qui passe…
(1) Léon Bouzerand (Cahors 1907-1972) était photographe. Elève (promotion 1932) à l’Ecole Nationale de Photographie (aujourd’hui Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière), il ouvre un magasin de photo dans la rue Foch à Cahors en 1934.
(2) Photos de Léon Bouzerand sur le site Luminous Lint.
Léon Bouzerand sur le portail internet du Quercy.
Un article de La Dépêche à l’occasion de la sortie du livre « Cahors en devanture ».
Le Blog de son fils Jacques.






